VAR-MATIN  —  nice-matin
05.11.2000



«Thaïs», une fastueuse production

A ne pas manquer, cet après-midi à l'opéra, l'ultime représentation de la comédie lyric de Massenet mise en scène par Antoine Selva avec, au pupitre, André Bernard


Passons sur le décalage que l'on peut ressentier, aujour'hui, à voir au théâtre des états d'âme croisés entre religiosité et érotissme comme les voyait le public du XIXe siècle. Retournons plutôt notre lorgnette pour mieux pénétrer au coeur de cette comédie lyrique qui porte son âge. Qu'y voit-on? Des personnages vrais qui pourraient être de notre temps, sous d'autres masques que ceux d'une courtisane et d'une moine. La musique de Massenet, extraordinairement présente et descriptive, fait d'ailleurs une juste évocation des caractères et des sentiments contraires agitant les protagonistes.

Marcel Vanaud, de son timbre bien trempé et puissant, campe un Athanael d'excellente facture. Aussi impérieux qu'inflexible à ppoursuivre la mission imposée, il défaille cependent et succombe aux frissons de l'amour après d'exigeantes transes mystiques. Humain, non l Toute aussi humaine est l'evolution psychologique de Thaïs, courtisane adulée incarnée avec de beaux atouts vocaux et physiques par Danielle Streiff. Ses aigus éclatants et charnus et ses pianissimi expressifs transforment la prêtresse venusienne en sainte qui trouvera sa place dans le calendrier romain. On peut aussi parler de véracité avec le riche et insouciant Nicias qu'interprète avec une belle voix Michel Pastor. Il se ruine avec une inconséquente légèrité pour les beaux yoeux d'une jolie femme. Encore vrai aujourdhui I Comme pour tous les óperas français, on perd le fil du texte à cause de la direction. A quand un surtitrage pour les néophytes.?

Mais, bon. Ne boudons pas notre plaisir. On a assisté à une fasteuse production, entièrement conçue par Antoine Selva qui signe, là encore, une mise en scène dans un chassé croisé d'oppositions scéniques fort réussi. On peut aussi complimenter la machinerie der décors mobiles meublant les transitions symphoniques par des beaux effets.

Au pupitre, maestro André Bernard fait une formidable impression. Avec raffinement et élégance, il détaille les colorations instrumentales d'un orchestre transcendé............
Maurice Sac


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