«Thaïs», sur les voies d'une belle courtisane
by Maurice SADOUL
| Danielle Streiff | |
| La belle soprano sera Thaïs, courtisane héroï de l'opera de Jules Massenet | ![]() |
Brune aux yeux verts, silhouette élegente, elle a un sourire chaleureux, charismatique. Personnalité passionnée née d'un metissage franco-belge, elle vit à Vérone, une des capitales transalpines de l'art lyrique, et fait une brilliante carrière international. Outre l'Italie, le Japon, l'Allemagne, le Canada et, plus rarement, Paris ou le Capitole de Toulouse, l'ont entendu chanter sous la direction de quelques-unes des grandes baguettes du momenr comme Georges Prêtre, Kent Nagano, Loorin Maazel, Patrick Fournillier ou Marc Soustrot. «La France me boude un peu. Je suis reconnaissante à Guy Grinda de m'inviter ici; ce Théâtre à une excellente réputation à l'etranger...»
Sa vocation s'est révélée assez tardivement, apres le concours des Voix d'Or qu'elle a présenté un peu par bravade, après une nuit à étudier l'air de Chérubin des «Noces...». C'est à partir de cette performance que tout s'enchaînera: le conservatoire de Bordeaux, l'Atelier d'art lyrique de l'Opéra de Paris, puis l'Italie pour le perfectionnement et des débuts remarqués.
Ses rôles préférés sont nombreux: Carmen, Mireille, Traviata, la Comtess des «Noces de Figaro». Par-dessous tout, ce sont les héroïnes de Massenet qui l'attirent tout particulièrement et qui lui valent d'être régulièrement invitée au festival Massenet a Saint-Etienne, pays natal du compositeur.
«Mon coup de coeur pour Massenet tient à sa musique raffinée sensuelle. Taïs est une âme passionée; tout se passe au plus profond de son être, de son coeur en conflit entre religiosité et érotisme. Pour moi la scène est un alibi qui permet d'eprimer tout ce que l'on a envie de dire, sans entrave. On s'éclate à chanter la musique de Massanet. L'art est divin, c'est une thérapie pour l'artiste et le public.»
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